Chien des empereurs de Chine
Le Shih Tzu — littéralement « chien-lion » en mandarin — compte parmi les plus anciennes races canines documentées. Ses ancêtres viennent du Tibet, où les moines élevaient de petits chiens censés évoquer le lion des représentations bouddhiques. Offerts en présent diplomatique à la cour impériale chinoise, ils y furent croisés avec le Pékinois pour donner la race actuelle, élevée exclusivement dans l'enceinte de la Cité interdite.
Ces chiens n'avaient aucune fonction utilitaire : ils tenaient compagnie aux dames de la cour et se réchauffaient dans leurs manches. Cette absence totale de sélection au travail explique le tempérament d'aujourd'hui — un chien fait pour la présence humaine, sans instinct de chasse, de garde ni de conduite.
La race ne quitte la Chine qu'en 1930, quand quelques sujets sont offerts à des diplomates britanniques et norvégiens. Tous les Shih Tzu actuels descendraient d'une quinzaine de chiens fondateurs. Le Kennel Club la reconnaît en 1949.
Douceur royale et caractère affirmé
Le Shih Tzu est un chien d'intérieur par excellence : affectueux, sociable, peu exigeant physiquement, mais doté d'une petite tête bien à lui.
- Très affectueux : il recherche activement le contact et s'installe volontiers sur les genoux plusieurs heures par jour.
- Confiant et peu craintif : son passé de chien de palais lui a laissé une assurance tranquille. Il aboie peu et se laisse rarement impressionner.
- Peu sportif : deux promenades de vingt à trente minutes lui conviennent parfaitement, complétées par du jeu à la maison.
- Entêté : il comprend très bien ce qu'on lui demande et choisit parfois de ne pas le faire. La fermeté douce et la régularité l'emportent toujours sur l'insistance.
- Sociable avec les autres animaux : sans instinct de prédation, il cohabite facilement avec un chat — voir chien et chat.
- Sensible à la solitude : élevé pour la compagnie, il supporte mal les journées entières seul.
Éducation et propreté
Deux points demandent de la patience. La propreté d'abord : comme beaucoup de petites races, le Shih Tzu a une petite vessie et met souvent plus longtemps qu'un chien moyen à être totalement propre. Sorties très fréquentes, récompense immédiate à l'extérieur et absence totale de punition sont les seuls leviers efficaces — voir notre guide propreté du chiot.
L'habituation au toilettage ensuite, et c'est sans doute le plus important : un Shih Tzu qui n'a pas appris tout petit à se laisser brosser, sécher, manipuler les pattes et les oreilles deviendra un adulte impossible à entretenir. Faites-en un rituel quotidien de deux minutes dès l'arrivée à la maison, avant même que le poil ne le nécessite.
Santé : les contraintes du brachycéphale
Le Shih Tzu a une face aplatie, avec toutes les conséquences que cela implique — tout en affichant une longévité remarquable pour un chien de compagnie.
- Syndrome brachycéphale : narines pincées, voile du palais long, trachée étroite. Un ronflement marqué, un halètement bruyant au moindre effort ou une intolérance à la chaleur justifient une consultation ; la chirurgie correctrice change la vie du chien.
- Coup de chaleur : risque majeur. Pas de sortie aux heures chaudes, jamais en voiture même quelques minutes.
- Problèmes oculaires : yeux proéminents et peu protégés, exposés aux ulcères cornéens, à la sécheresse oculaire et aux traumatismes. Toute rougeur ou œil fermé est une urgence — voir yeux qui coulent.
- Otites : oreilles tombantes et poilues, mal ventilées. Contrôle hebdomadaire indispensable.
- Problèmes dentaires : mâchoire courte, dents serrées et souvent mal alignées. Le tartre s'installe tôt — voir soins dentaires.
- Luxation de la rotule et hernies discales cervicales, fréquentes chez les petits formats.
Entretien du pelage : l'engagement principal
C'est le vrai coût de la race, en temps ou en argent. Le poil du Shih Tzu pousse en continu, comme un cheveu, et ne mue quasiment pas — ce qui le rend plus supportable aux personnes allergiques, mais impose un entretien constant.
- Poil long conservé : brossage quotidien obligatoire, mèche par mèche jusqu'à la peau. Un brossage de surface laisse des nœuds se former en dessous, qui deviennent des plaques de feutre en quelques jours.
- Coupe courte (« puppy clip ») : la solution retenue par la majorité des propriétaires. Elle ramène l'entretien à deux brossages hebdomadaires, avec un passage chez le toiletteur toutes les six à huit semaines.
- Contour des yeux : nettoyage quotidien à l'eau tiède, et poils du toupet attachés ou coupés courts pour ne pas irriter la cornée.
- Bain : toutes les trois à quatre semaines, avec séchage complet au sèche-cheveux tiède — un Shih Tzu laissé humide développe des problèmes de peau.
- Coussinets et zone périnéale : poils à raccourcir régulièrement, pour l'hygiène et l'adhérence sur sol lisse.
Notre guide toilettage à la maison détaille les outils et la méthode.
Alimentation
Comptez 80 à 140 g de croquettes par jour pour un adulte de 5 à 7 kg, en deux repas. Choisissez une croquette de petit calibre, adaptée à une mâchoire courte : une croquette trop grosse sera avalée sans être mastiquée, ce qui accélère le tartre.
La race prend facilement du poids, d'autant que le pelage masque totalement la silhouette. Pesez le chien tous les mois plutôt que de vous fier à son allure, et limitez les friandises à 10 % de la ration. Voir chien en surpoids.
Pour qui ?
Le Shih Tzu convient parfaitement à la vie en appartement, aux personnes âgées, aux maîtres débutants et aux familles avec des enfants assez grands pour respecter un petit chien. Il s'adapte à un mode de vie calme sans en souffrir, ce qui est rare.
Il est déconseillé aux personnes très sportives cherchant un compagnon de course, à celles qui ne pourront pas assumer un brossage régulier ou un budget toiletteur, et à quiconque vit dans une région très chaude sans climatisation. Pour comparer, voir quelle race pour un appartement.