Né pour les terriers de blaireaux
Le nom allemand de la race dit tout : Dachshund signifie littéralement « chien à blaireau ». Développé en Allemagne à partir du XVe siècle, le Teckel avait une mission précise et périlleuse : s'engouffrer seul dans une galerie souterraine, y affronter un blaireau ou un renard, le maintenir et signaler sa position par la voix jusqu'à l'arrivée des chasseurs.
Sa silhouette découle entièrement de cette fonction. Le corps allongé et les pattes courtes lui permettent de progresser dans un boyau ; la cage thoracique proéminente, dite « bréchet », loge un cœur et des poumons capables de soutenir l'effort en atmosphère confinée ; les pattes avant puissantes et légèrement tournées vers l'extérieur en font un excavateur redoutable ; la voix grave et portante, disproportionnée pour sa taille, permettait de le localiser sous terre.
La race se décline officiellement en trois tailles — standard, nain et kaninchen (« de lapin ») — mesurées au tour de poitrine, et en trois types de poil : ras, long et dur. Neuf combinaisons coexistent donc, avec des tempéraments légèrement différents : le poil dur, issu de croisements avec des terriers, passe pour le plus vif et le plus obstiné.
Personnalité XXL en format mini
Le Teckel est l'un des chiens les plus caractériels du monde canin. Sa morphologie amusante masque un chasseur autonome, sélectionné pour décider seul, loin de son maître, dans le noir.
- Courageux jusqu'à l'imprudence : il n'a peur de rien et ne recule devant aucun adversaire, quelle que soit sa taille.
- Têtu et indépendant : il comprend parfaitement ce qu'on lui demande et évalue s'il a envie de le faire. L'éducation demande patience et régularité plutôt que fermeté.
- Fouisseur né : jardins, plates-bandes, canapés et couvertures y passent. Creuser est un comportement de travail, pas une bêtise.
- Très attaché à son maître : loyal et démonstratif en famille, souvent réservé avec les inconnus.
- Aboiements fréquents et sonores : sa voix a été sélectionnée pour porter sous terre. En appartement, cela s'entend.
- Bon nez : c'est un chien de pistage remarquable, ce qui en fait un excellent candidat aux jeux de recherche olfactive.
Le dos : la grande fragilité du Teckel
La hernie discale — maladie discale de type Hansen I — est le problème de santé majeur de la race. La sélection sur le nanisme chondrodystrophique fragilise les disques intervertébraux, qui se calcifient précocement et peuvent se rompre brutalement. Un Teckel sur quatre environ sera concerné au cours de sa vie, le plus souvent entre 4 et 7 ans.
Les signes d'alerte imposent une consultation en urgence : dos voussé, refus de sauter ou de monter un escalier, cri à la manipulation, démarche titubante de l'arrière-train, traînée des pattes arrière, incontinence. Une paralysie installée depuis plus de vingt-quatre heures compromet gravement le pronostic de récupération.
La prévention repose sur quatre gestes simples et efficaces :
- Bloquer l'accès aux escaliers et installer des rampes vers le canapé et le lit — voir barrière de sécurité.
- Interdire les sauts depuis les meubles et la voiture : portez le chien, en soutenant simultanément la poitrine et l'arrière-train.
- Maintenir un poids strict : chaque kilo superflu multiplie la contrainte sur la colonne. C'est le facteur de risque le plus documenté.
- Utiliser un harnais plutôt qu'un collier, et entretenir la musculature dorsale par des marches régulières sur terrain plat.
Autres affections à surveiller : obésité — qui aggrave tout le reste —, atrophie progressive de la rétine, otites chez les sujets à oreilles longues, et luxation de la rotule.
Éducation d'un indépendant
Le Teckel n'obéit pas pour faire plaisir : il coopère quand l'affaire l'intéresse. Les séances doivent donc être courtes, très motivantes et parfaitement constantes. La punition le braque durablement.
Deux points méritent une attention particulière. Le rappel, souvent médiocre dès qu'une piste se présente : un Teckel sur une odeur n'entend plus rien, ce qui impose la longe dans les zones non sécurisées. Et la gestion de l'aboiement, à travailler dès le chiot pour éviter les conflits de voisinage.
Entretien selon le type de poil
- Poil ras : entretien minimal, un passage de gant en caoutchouc par semaine. Sensible au froid, il apprécie un manteau en hiver.
- Poil long : brossage deux à trois fois par semaine, en insistant sur les franges des oreilles, du poitrail et de la queue.
- Poil dur : brossage hebdomadaire et épilation (stripping) deux fois par an pour préserver la texture. La tonte ramollit le poil de façon irréversible.
- Oreilles : contrôle hebdomadaire pour toutes les variétés, les pavillons longs et tombants ventilant mal — voir otite du chien.
- Griffes : coupe mensuelle, une griffe trop longue modifiant l'appui et donc la posture du dos.
Alimentation
Comptez 100 à 130 g de croquettes par jour pour un Teckel nain de 5 kg, et 180 à 240 g pour un standard de 9 à 12 kg, en deux repas. Le contrôle du poids est ici un enjeu médical, pas esthétique : c'est le levier le plus efficace pour réduire le risque de hernie discale.
Pesez le chien tous les mois et palpez les côtes : elles doivent se sentir facilement sous les doigts, avec une taille marquée vue de dessus. Limitez les friandises à 10 % de la ration et bannissez les restes de table, la race étant particulièrement gourmande et douée pour la mendicité. Voir chien en surpoids.
Pour qui ?
Le Teckel convient à la vie en appartement, aux personnes modérément actives, aux amateurs de pistage et de recherche olfactive, et à des maîtres de tous niveaux d'expérience prêts à composer avec un chien d'opinion.
Il est déconseillé aux logements à étages sans aménagement (rampes, barrières), aux familles avec de très jeunes enfants susceptibles de le soulever maladroitement, et à ceux qui ne pourront pas tenir la discipline alimentaire que sa colonne exige. Voir aussi nos jouets adaptés aux petites races.